Nombre de jour entre deux dates pour un projet : planifier sans vous tromper

Calculer le nombre de jours entre deux dates semble trivial. Poser une date de début, une date de fin, soustraire : le résultat tombe. Là où la planification déraille, c’est quand ce résultat brut est utilisé tel quel pour dimensionner un projet, sans distinguer jours calendaires, jours ouvrés et jours ouvrables.

Jours calendaires, ouvrés et ouvrables : l’écart qui fausse un planning projet

La plupart des calculateurs en ligne affichent un total en jours calendaires. Ce chiffre inclut week-ends et jours fériés, ce qui le rend inutilisable pour estimer une charge de travail réelle.

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Type de jour Définition Jours comptés par semaine Usage typique en projet
Calendaire Tous les jours du calendrier, sans exception 7 Délais contractuels, pénalités de retard BTP
Ouvrable Lundi à samedi, hors dimanches et fériés chômés 6 Congés payés (base légale), délais juridiques
Ouvré Lundi à vendredi, hors fériés chômés 5 Planning opérationnel, sprints, charge équipe

Sur une période d’un mois, l’écart entre le total calendaire et le total ouvré peut représenter un tiers du temps affiché. Planifier un livrable en confondant les deux revient à promettre une date intenable.

Homme calculant le nombre de jours entre deux dates sur un tableau de bord de gestion de projet sur ordinateur

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Congés payés et jours ouvrables : le piège du décompte décalé

Les outils généralistes calculent les jours ouvrés d’une période, mais ignorent un paramètre qui réduit la capacité réelle d’une équipe : le mode de décompte des congés payés.

Selon l’article L3141-3 du Code du travail, le droit légal aux congés s’exprime en jours ouvrables (lundi à samedi), soit 30 jours ouvrables pour cinq semaines. De nombreuses entreprises communiquent en jours ouvrés (lundi à vendredi), soit 25 jours pour la même durée.

Le problème survient quand le planning projet est construit en jours ouvrés alors que le solde de congés de l’équipe est géré en jours ouvrables. Un collaborateur qui pose une semaine de congés consomme 6 jours ouvrables mais libère 5 jours ouvrés dans le planning. Si le chef de projet ne fait pas la conversion, il surestime la disponibilité restante sur la période.

  • Vérifiez le mode de décompte appliqué par votre service RH (ouvrables ou ouvrés) avant de bâtir le calendrier projet
  • Convertissez systématiquement les soldes de congés dans la même unité que votre planning
  • Anticipez les ponts : un jour férié tombant un jeudi génère souvent un vendredi non travaillé qui n’apparaît dans aucun calcul automatique

Délais juridiques et contractuels : quand le samedi compte même si personne ne travaille

En gestion de projet, certaines échéances ne dépendent pas du planning interne mais de délais légaux. La confusion entre jours calendaires et jours ouvrables dans ce contexte peut avoir des conséquences financières directes.

Le samedi est juridiquement un jour ouvrable dans la majorité des délais légaux, même si l’entreprise ne travaille pas ce jour-là. Un délai de rétractation, un préavis ou une mise en demeure expirant un samedi reste valide.

Dans le BTP, les pénalités de retard sont généralement calculées en jours calendaires à partir de la date de réception contractuelle. Un retard de livraison de dix jours calendaires inclut donc les deux week-ends intercalés. L’écart avec un comptage en jours ouvrés (qui n’afficherait que six ou sept jours de retard) modifie sensiblement le montant des pénalités.

Pour un chef de projet, la règle pratique est simple : identifier dans chaque contrat ou obligation légale le type de jour utilisé avant de reporter l’échéance dans le planning.

Planification projet avec Excel ou un outil dédié : méthode fiable pour compter les jours ouvrés

Excel reste l’outil le plus répandu pour calculer le nombre de jours entre deux dates dans un contexte projet. Deux fonctions couvrent la majorité des besoins.

Fonction NB.JOURS.OUVRES et sa variante internationale

La fonction NB.JOURS.OUVRES(date_début; date_fin; jours_fériés) retourne le nombre de jours ouvrés entre deux dates, en excluant samedis, dimanches et une liste optionnelle de jours fériés. La variante NB.JOURS.OUVRES.INTL permet de définir des week-ends personnalisés (par exemple, vendredi-samedi pour des équipes travaillant avec des partenaires au Moyen-Orient).

Sans la liste des jours fériés en paramètre, le résultat sera systématiquement surévalué. En France, le nombre de jours fériés tombant en semaine varie chaque année, ce qui rend la mise à jour de cette liste nécessaire à chaque nouveau projet.

Limites des calculateurs en ligne

Les calculateurs web gratuits appliquent généralement les jours fériés français par défaut, mais ne gèrent pas les spécificités locales (Alsace-Moselle avec deux jours fériés supplémentaires) ni les fermetures d’entreprise imposées. Un outil fiable intègre les jours fériés réels de l’année concernée et les absences planifiées de l’équipe.

Deux collègues planifiant les délais d'un projet en annotant une frise chronologique sur un tableau blanc en salle de réunion

Jours fériés variables et ponts : les angles morts de la planification annuelle

Le nombre de jours ouvrés d’une année dépend de la position des jours fériés dans la semaine. Un jour férié tombant un dimanche ne réduit pas la capacité de travail. Le même jour férié tombant un mardi crée un pont potentiel le lundi, et la disponibilité réelle de l’équipe chute de deux jours au lieu d’un seul.

  • Les fêtes à date fixe (1er janvier, 1er mai, 25 décembre) changent de jour de la semaine chaque année
  • Les fêtes mobiles (lundi de Pâques, Ascension) se déplacent sur le calendrier selon le cycle pascal
  • L’Ascension, toujours un jeudi, génère quasi systématiquement un pont le vendredi, rarement intégré dans les calculs automatiques

Pour un projet de plusieurs mois, l’accumulation de ces écarts peut représenter plusieurs jours de travail effectif en moins par rapport au calcul brut.

Le réflexe le plus fiable reste de croiser le résultat d’un calculateur avec le calendrier réel des absences de l’équipe. Le nombre de jours entre deux dates n’est qu’un point de départ : c’est la capacité de travail nette, après déduction des fériés, ponts, congés et fermetures, qui détermine la faisabilité d’un planning projet.